Une nouvelle étude de l'HIVA–KU Leuven examine le rôle du travail intérimaire comme canal de recrutement sur le marché du travail belge.
Il ressort de l'étude que les recrutements précédés d'une mission d'intérim sont associés à une rétention plus longue au sein de l'entreprise utilisatrice que les recrutements sans mission d'intérim préalable. Près de 4 intérimaires sur 10 sont engagés au moins une fois par une entreprise utilisatrice.
Une rétention plus élevée après un engagement précédé d’une mission d’intérim
Un an après leur engagement chez l’entreprise utilisatrice, 73,9 % des travailleurs ayant effectué une mission intérim préalable sont toujours occupés dans l’entreprise, contre 57,2 % des personnes recrutées directement.
Cette différence reste observable dans le temps. Après cinq ans, 36,4 % des travailleurs engagés après une mission sont toujours dans l’entreprise, contre 25,5 % des autres personnes recrutées. Après dix ans, ces proportions s’élèvent respectivement à 20 % et 12,7 %.
Durant les quatre premiers trimestres suivant l’engagement, le risque de quitter l’entreprise est 58 % plus élevé pour les personnes recrutées sans mission d’intérim préalable. Cette différence reste statistiquement observable après la prise en compte de caractéristiques liées aux travailleurs, aux emplois et aux entreprises.
L’étude établit une association robuste entre une mission préalable et une rétention supérieure. Bien qu’elle ne permette pas d’affirmer que l’intérim est, à lui seul, la cause de cette différence, les chiffres de l’étude montrent qu’il y contribue fortement.
L’intérim comme étape dans une trajectoire vers l’emploi durable
Ces résultats complètent une première étude de HIVA–KU Leuven consacrée aux trajectoires professionnelles des intérimaires. Celle-ci montrait que 72,2 % des personnes entrées dans l’intérim en 2014 avaient ensuite connu une trajectoire professionnelle largement continue, principalement en dehors de l’intérim. Elle observait également que des profils confrontés à davantage de difficultés sur le marché du travail accédaient eux aussi à l’emploi durable par cette voie, même si leurs trajectoires restaient en moyenne plus difficiles.
Pour Federgon, les deux études confirment que l’intérim a toute sa place dans les politiques et les incitants de remise à l’emploi. Il constitue une première expérience ou un retour au travail, facilite la rencontre entre un candidat et une entreprise et, lorsqu’un engagement intervient, est associé à une rétention plus élevée.
Cette contribution est particulièrement pertinente dans les parcours destinés aux personnes plus éloignées du marché du travail, en complémentarité avec les services publics de l’emploi et avec un accompagnement adapté. L’évaluation de ces dispositifs devrait dès lors suivre les trajectoires dans le temps : entrée ou retour au travail, continuité de l’activité, transition vers un engagement et maintien dans l’emploi.

