Bruxelles, le 16 septembre 2026 – Une toute nouvelle étude réalisée par l’Université de Leuven (HIVA–KULeuven) analyse le rôle de l’intérim comme canal de recrutement sur le marché du travail belge. Elle montre que les engagements précédés d’une mission intérimaire sont associés à un maintien plus long dans l’entreprise que les recrutements sans mission préalable.
Près de 4 intérimaires sur 10 engagés par une entreprise utilisatrice
L’étude croise des données administratives relatives aux engagements directs et aux engagements à la suite de missions intérimaires sur la période 2010-2020. Parmi les 144.236 intérimaires retenus pour cette partie de l’analyse, 55.709, soit 39 %, ont été engagés au moins une fois, dans l’année suivant une mission, par une entreprise dans laquelle ils avaient travaillé. En Wallonie, on observe plus de 60% de sorties vers d’autres contrats après une période d’intérim.
L’étude analyse également 413.257 missions intérimaires. Parmi celles-ci, 63.541, soit 15,4 %, ont été suivies dans l’année d’un engagement par la même entreprise. Les missions n’ont toutefois une finalité initiale de recrutement que dans une minorité de cas : l’intérim répond également à des besoins de remplacement, de surcroît temporaire de travail ou de flexibilité.
« Cette étude permet de mesurer une dimension de l’intérim distincte de sa fonction de flexibilité : son utilisation comme canal de recrutement. Elle apporte, sur la base des trajectoires observées, un éclairage nouveau sur le rôle de l’intérim vers un emploi durable », indique Thierry Devillez, directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon.
Une rétention plus élevée après un engagement précédé d’une mission d’intérim
Un an après leur engagement chez l’entreprise utilisatrice, 73,9 % des travailleurs ayant effectué une mission intérim préalable sont toujours occupés dans l’entreprise, contre 57,2 % des personnes recrutées directement.
Cette différence reste observable dans le temps. Après cinq ans, 36,4 % des travailleurs engagés après une mission sont toujours dans l’entreprise, contre 25,5 % des autres personnes recrutées. Après dix ans, ces proportions s’élèvent respectivement à 20 % et 12,7 %.
Durant les quatre premiers trimestres suivant l’engagement, le risque de quitter l’entreprise est 58 % plus élevé pour les personnes recrutées sans mission d’intérim préalable. Cette différence reste statistiquement observable après la prise en compte de caractéristiques liées aux travailleurs, aux emplois et aux entreprises.
L’étude établit une association robuste entre une mission préalable et une rétention supérieure. Bien qu’elle ne permette pas d’affirmer que l’intérim est, à lui seul, la cause de cette différence, les chiffres de l’étude montrent qu’il y contribue fortement.
« Ces résultats montrent l’intérêt d’observer la trajectoire qui suit une mission, et pas uniquement la durée de celle-ci », précise Thierry Devillez, Directeur Wallonie Bruxelles chez Federgon.
L’intérim comme étape dans une trajectoire vers l’emploi durable
Ces résultats complètent une première étude de HIVA–KU Leuven consacrée aux trajectoires professionnelles des intérimaires. Celle-ci montrait que 72,2 % des personnes entrées dans l’intérim en 2014 avaient ensuite connu une trajectoire professionnelle largement continue, principalement en dehors de l’intérim. Elle observait également que des profils confrontés à davantage de difficultés sur le marché du travail accédaient eux aussi à l’emploi durable par cette voie, même si leurs trajectoires restaient en moyenne plus difficiles.
Pour Federgon, les deux études confirment que l’intérim a toute sa place dans les politiques et les incitants de remise à l’emploi. Il constitue une première expérience ou un retour au travail, facilite la rencontre entre un candidat et une entreprise et, lorsqu’un engagement intervient, est associé à une rétention plus élevée.
Cette contribution est particulièrement pertinente dans les parcours destinés aux personnes plus éloignées du marché du travail, en complémentarité avec les services publics de l’emploi et avec un accompagnement adapté. L’évaluation de ces dispositifs devrait dès lors suivre les trajectoires dans le temps : entrée ou retour au travail, continuité de l’activité, transition vers un engagement et maintien dans l’emploi.
« Pour évaluer un incitant à l’emploi, il ne suffit pas de compter les contrats ou d’en observer la durée initiale. Cette étude confirme qu’il est nécessaire d’étudier la trajectoire du travailleur et mesurer si le dispositif favorise effectivement son retour au travail et son maintien dans l’emploi. Le secteur de l’intérim a donc toute sa place dans cette dynamique, en complémentarité avec les acteurs publics », conclut Henri Lemaître, Président Federgon Wallonie.
L’étude complète « Le travail intérimaire comme canal de recrutement », réalisée par HIVA–KU Leuven, est disponible ici.
À propos de Federgon
Federgon est la fédération des opérateurs privés du marché du travail et des prestataires de services RH. Elle représente les intérêts de ses membres aux niveaux fédéral et régional et constitue un gage de qualité et de professionnalisme.
À propos des études HIVA I et HIVA II
Les études HIVA I et HIVA II forment les deux volets d’un programme de recherche consacré à la place de l’intérim sur le marché du travail belge. Réalisées par le Hooger Instituut voor Arbeid de la Katholieke Universiteit van Leuven, elles analysent les données authentiques de la Banque Carrefour de l’ONSS.
Publiée en 2024, HIVA I analyse les trajectoires professionnelles des travailleurs intérimaires dans la durée. HIVA II étudie l’intérim du point de vue du recrutement, en reliant les missions effectuées aux engagements ultérieurs réalisés par les mêmes entreprises utilisatrices.
Contact presse
Florence Neirinckx – fn@gosselindewalque.com - 0498635196

