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Le secteur privé est prêt à accompagner les personnes en incapacité de travail de longue durée vers le retour à l’emploi, mais une approche plus proactive est nécessaire.

Les prestataires privés de services RH sont prêts à offrir de nouvelles perspectives professionnelles aux personnes en incapacité de travail de longue durée. L’expertise est présente, les prestataires sont reconnus et, via le Fonds Retour au Travail, un budget est déjà prévu aujourd’hui pour environ 11.000 trajets d’accompagnement. Une condition essentielle reste toutefois trop peu mise en avant : les personnes doivent effectivement être orientées vers cette offre existante.

Le débat sur l’incapacité de travail de longue durée s’est à juste titre intensifié ces dernières années. Le nombre de malades de longue durée reste élevé et le coût sociétal est considérable. Federgon avertit toutefois que, dans ce débat, les personnes concernées elles-mêmes disparaissent trop souvent du champ de vision.

« Ces dernières années, l’attention s’est fortement portée sur les systèmes, les responsabilités et les contrôles. C’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Il s’agit de personnes qui sont souvent éloignées du marché du travail depuis longtemps et pour qui le retour constitue un pas particulièrement important. C’est précisément pour cette raison qu’un accompagnement ciblé est essentiel. Nous devons passer d’une logique de contrôle à une logique d’accompagnement », déclare Ann Cattelain, CEO de Federgon.


Le travail comme partie intégrante du rétablissement

Federgon souligne que travail et rétablissement ne sont pas opposés. Au contraire : un travail adapté, au bon moment et avec le bon encadrement, peut contribuer au rétablissement, à la structure et à la confiance en soi. Un retour commence rarement par un emploi à temps plein. Il s’agit souvent d’abord d’un entretien, d’une perspective réaliste et d’une première étape réalisable. Le travail peut réellement contribuer au rétablissement, à condition que les trajets soient construits de manière humaine et professionnelle.

Les prestataires privés jouent un rôle important à cet égard. Ils disposent d’une large expérience, notamment en accompagnement de carrière, en réintégration, en outplacement et en orientation vers le marché du travail, et peuvent accompagner individuellement les personnes vers une solution réaliste qui tient compte de leurs possibilités.


La crainte de perdre son allocation freine les démarches vers l’emploi

Les signaux du terrain montrent que de nombreuses personnes hésitent à entreprendre des démarches vers l’emploi par crainte de perdre définitivement leur allocation si la reprise ne fonctionne pas. Cette incertitude a un effet paralysant. Un retour au travail ne peut pas être une logique du tout ou rien. Les personnes doivent avoir l’espace nécessaire pour essayer, ajuster le parcours et, si besoin, faire un pas en arrière, sans perdre immédiatement leur protection.

Federgon souligne également que l’incapacité de travail de longue durée est parfois liée à des relations de travail bloquées ou à des conflits, où un accompagnement neutre peut aider à recréer une perspective.


Une orientation systématique comme levier

Bien que les instruments soient disponibles, l’accès à l’accompagnement reste aujourd’hui trop limité. Via le Fonds Retour au Travail, les personnes en incapacité de travail de longue durée peuvent demander un voucher pour bénéficier d’un accompagnement spécialisé. Le secteur constate un intérêt croissant, mais le budget disponible, prévu pour environ 11.000 trajets, n’est utilisé que partiellement.

« La capacité est là, tout comme l’expertise. Mais sans orientation active, l’impact reste limité. Nous ne pouvons pas attendre de personnes qui sont à domicile depuis des mois ou des années qu’elles trouvent elles-mêmes le chemin vers l’accompagnement », déclare Ann Cattelain.

Federgon plaide dès lors pour une approche plus proactive, dans laquelle les personnes ayant un potentiel de travail sont systématiquement orientées vers un trajet d’accompagnement.

Une orientation systématique ne signifie pas que tout le monde doit reprendre immédiatement le travail. Cela signifie en revanche que personne ne peut disparaître durablement du radar sans que l’on examine à nouveau ce qui est encore possible et quelles sont les ambitions. C’est plus humain que de laisser les personnes livrées à elles-mêmes.

Le secteur privé dispose aujourd’hui d’une capacité estimée à environ 50.000 trajets d’accompagnement par an. Avec des initiatives telles que guideme.be, il existe en outre une plateforme accessible qui met les personnes en contact avec des prestataires reconnus.

« L’offre existe. La capacité est là. Il s’agit maintenant de veiller à ce que les personnes concernées puissent effectivement accéder à cet accompagnement »

Federgon, le réseau pour l’emploi. En apportant à chacun un soutien optimal à chaque étape de sa carrière, nous aidons chaque personne à trouver sa place dans le monde du travail.